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Blog pour tous les élèves du Lycée Vauban (Givet - 08600) ayant Mr Janvier comme professeur de S.V.T.

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Mécanismes d'apparition du diabète de type 2

Les mécanismes d'apparition d'un diabète mis en évidence

Un régime riche en graisses augmente le risque de prise de poids et de diabète. Le fait est connu. Ce que l'équipe des professeurs Jacques Amar et Rémy Burcelin (Pôle cardio-vasculaire et métabolique, CHU de Toulouse et Inserm) vient de mettre en évidence, ce sont les mécanismes moléculaires de ce phénomène chez la souris. Ces travaux mettent au jour des modifications de la flore bactérienne intestinale et des réactions inflammatoires. L'étude est consultable, en ligne, sur le site de la revue américaine Diabetes.

L'obésité et le diabète de type 2 sont liés àune résistance à l'insuline. Contrairement au diabète de type 1, qui apparaît dès l'enfance et résulte d'une insuffisance de sécrétion de cette hormone, le diabète de type 2 survient après des années pendant lesquelles l'insuline sécrétée n'agit pas suffisamment sur les tissus de l'organisme pour faire baisser le taux sanguin de glucose. Dans le diabète de type 2 comme dans l'obésité existent également des phénomènes inflammatoires.

Il y a quelques mois, l'équipe américaine de Jeffrey Gordon avait montré, chez la souris, qu'un déséquilibre dans la flore bactérienne intestinale constituait un facteur d'obésité (Le Monde du 22 décembre 2006). Selon ces travaux, cette modification de l'écologie intestinale augmentait la capacité des souris à extraire des calories à partir d'un nutriment.

Dans le même esprit, l'équipe des professeurs Amar et Burcelin s'est intéressée à la flore intestinale, mais cette fois en recherchant un facteur causal à l'origine des mécanismes inflammatoires impliqués dans l'apparition d'une résistance à l'insuline, d'une obésité et d'un diabète.

Les chercheurs français se sont particulièrement penchés sur une substance, le liposaccharide (LPS), constituant de la paroi des bactéries de type Gram négatif, également appelée endotoxine. Ces bactéries sont produites en continu dans l'intestin. Le LPS passe ensuite dans le sang.

"Notre étude permet de montrer que le type de régime, selon qu'il est plus ou moins gras, module la quantité d'endotoxine dans le sang, en dehors de tout processus infectieux", indique le professeur Amar. L'augmentation du taux sanguin de LPS déclenche une réaction inflammatoire qui entraîne le développement d'un diabète et d'une obésité chez les souris soumises à un régime alimentaire riche en graisses.

"Nous avons également apporté la preuve que cette action inflammatoire du LPS passe par un "interrupteur", en l'occurrence un récepteur appelé CD14, présent sur des cellules sanguines ainsi qu'à la surface des cellules du tissu adipeux et du foie, précise le professeur Amar. Lorsque l'on inhibe la réaction inflammatoire, on empêche du même coup la prise de poids et l'apparition d'un diabète chez les souris mises sous régime gras."

 

"DES ENJEUX IMPORTANTS"

 

Le mécanisme conduisant de l'inflammation à la résistance à l'insuline était déjà connu. L'inflammation dans le tissu adipeux entraîne la libération de cytokines. Ces médiateurs vont agir sur le récepteur de l'insuline situé à la surface des cellules. Les molécules d'insuline produites par l'organisme vont bien aller se fixer sur ce récepteur, mais le "message" qu'elles apportent ne passe pas dans la cellule, qui résiste alors à l'insuline.

Apparaît ainsi une cascade d'événements, analysée au niveau moléculaires par l'équipe toulousaine. En résumé : le régime riche en graisses modifie la flore bactérienne et facilite le passage dans le sang du LPS. L'élévation du taux sanguin de LPS déclenche une réaction inflammatoire par le biais d'un récepteur. Cette réaction entraîne, chez la souris, une prise de poids et un diabète qu'il est possible de contrer en inhibant la réaction inflammatoire. "Cette explication n'exclut pas le mécanisme mis en évidence par l'équipe de Jeffrey Gordon", commente le professeur Amar.

Le scientifique indique que son équipe dispose de données préliminaires, encore non publiées, montrant que les processus mis en évidence chez la souris existent aussi chez l'homme, mais cela reste encore à confirmer. "Des enjeux importants apparaissent : pourrait-on prévenir le développement d'une obésité et d'un diabète de type 2 en modulant le taux de LPS dans le sang ?", souligne le professeur Amar.

La réponse pourrait être apportée à l'avenir en étudiant l'impact d'une modification de la flore bactérienne intestinale sur le taux de LPS. "Une adaptation de la flore par une alimentation appropriée serait susceptible de diminuer le passage du constituant toxique de la paroi bactérienne de l'intestin vers la circulation sanguine", explique le professeur Amar. Concrètement, certains probiotiques, des bactéries bénéfiques pour l'homme contenues dans des aliments comme les yaourts, pourraient être testés dans cette optique.

Paul Benkimoun - Le Monde.fr
Article paru dans l'édition du 11.05.07 
Contribution relative du surpoids, de l'obésité et de l'obésité massive à l'augmentation de la prévalence du diabète aux Etats-Unis

 

Rapporté par Jean-Pierre Sauvanet (Paris) d'après la communication :
The relative contributions of increases in the prevalence of overweight, obesity, and severe obesity to the increased prevalence of diabetes in the United States: 1976-2004.
Edward W. Gregg et al. (Atlanta, Etats-Unis)
Retrouvez l'abstract en ligne
ADA 2007 - Chicago - 22-26 juin 2007

Ce travail a évalué l'influence de l'augmentation de la prévalence du surpoids et de l'obésité aux Etats-Unis sur l'augmentation de la prévalence du diabète chez les adultes entre 1976-1980 et 1999-2004. Les données des trois enquêtes NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) successives conduites durant ces périodes, portant sur 37.307 adultes ont été analysées.
Le diabète a été défini par une glycémie déclarée ≥ 1,26 g/l. L'IMC a permis de définir les groupes usuels (poids normal < 25, surpoids 25-30, et trois classes d'obésité : I = 30 à < 35, II = 35 à < 40 et III = > 40 kg/m2. La contribution de chaque catégorie d'IMC à la prévalence globale du diabète a été calculée. De 1976 à 2004, la prévalence globale du diabète dans la population adulte aux Etats-Unis est passée de 5,1 à 8,8%. L'estimation est qu'environ 8% de cette augmentation est due à des adultes de poids normal, alors qu'elle était constituée respectivement par 27% de ceux en surpoids et par 32%, 23% et 26% de ceux appartenant aux trois catégories d'obèse définies. L'augmentation de la prévalence de l'obésité de classe II et III (de 4% à 13%) contribuant pour sa part à 49% de l'augmentation de la prévalence du diabète et l'augmentation globale de l'obésité (toutes classes confondues) de 14 à 31%, contribuait à 80% des nouveaux cas de diabète.

Dans une perspective de santé publique, l'estimation était qu'il serait plus "rentable" en vue de prévenir la progression du diabète, de faire porter les efforts sur la population d'obèses pour réduire l'IMC en-dessous de 30 kg/m2 que de consacrer des ressources à ceux en surpoids pour les ramener à un IMC < 25 kg/m2.

Date de publication : 23-06-2007 - Source ADA 2007 

Prévalence comparée du diabète de type 2 au Cambodge et chez des Cambodgiens ayant émigré en Californie

 

Rapporté par Jean-Pierre Sauvanet (Paris) d'après la communication :
Prevalence of type 2 diabetes mellitus in Cambodia vs. the prevalence of type 2 diabetes mellitus in Cambodian emigrants living in Long Beach, California: An urbanization effect analysis.
J. Stingham et al. (Salt Lake City, Etats-Unis)
Retrouvez l'abstract en ligne
ADA 2007 - Chicago - 22-26 juin 2007

On parle beaucoup du rôle de l'environnement comme facteur favorisant et/ou révélant le diabète de type 2 (DT2) chez une personne génétiquement prédisposée. L'étude présentée illustre parfaitement l'influence du mode de vie sur le développement du DT2.

La population vivant au Cambodge est connue pour avoir une prédisposition élevée au DT2, avec une prévalence estimée être de l'ordre de 10%. Cette étude avait pour but de caractériser l'effet de l'urbanisation au Cambodge sur la prévalence du DT2, en étudiant la prévalence du DT2 à Phnom Penh, la capitale très industrialisée du Cambodge, et en la comparant celle de la population d'émigrants Cambodgiens vivant à Long Beach (Californie, Etats-Unis), ville également industrialisée.

La comparaison a porté sur un échantillon, tiré au sort, d'habitants de Phnom Penh, âgés de 40 ans et plus (n = 1.037), et sur un échantillon comparable, tiré au sort, d'émigrants Cambodgiens, âgés de 40 ans et plus, vivant à Long Beach (n = 384). Le diabète a été affirmé par une glycémie pratiquée à n'importe quel moment de la journée > 2 g/l ou par un diagnostic antérieur de DT2 associé à un traitement antidiabétique en cours. Les caractéristiques démographiques et cliniques ont été notées (tous les sujets participant à l'étude ont été examinés).

La prévalence du DT2 à Phnom Penh était de 10,99% (10,4% chez les hommes et 11,2% chez les femmes) versus 22,40% (hommes : 21,8% ; femmes : 22,9%) à Long Beach (p < 0,0003). Le tour de taille moyen des diabétiques était plus faible (85,52 cm) à Long Beach qu'à Phnom Penh (88,31 cm) [p < 0,0001]. L'IMC moyen des diabétiques était de 25,43 kg/m2 à Long Beach et de 24,69 kg/m2 à Phnom Penh. Il faut également noter que seulement 10% environ des diabétiques étaient déjà diagnostiqués à Phnom Penh, alors qu'à Long Beach, environ un tiers des cas de DT2 étaient déjà diagnostiqués.


L'explication de cette prévalence doublée à Long Beach par rapport à une ville également industrialisée du Cambodge réside vraisemblablement en un relatif abandon du mode de vie traditionnel, notamment alimentaire, et également dans des différences du niveau d'activité physique.

Date de publication : 24-06-2007 - Source ADA 2007

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